Le SOPK change de nom, et ce n'est pas cosmétique
Depuis mai 2026, le syndrome des ovaires polykystiques s'appelle syndrome métabolique ovarien polyendocrinien : SMOP. Voici pourquoi, et ce que ça change pour toi.
Ce qui s'est passé
En mai 2026, la revue médicale The Lancet a publié le nouveau nom : syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (PMOS en anglais). Il n'a pas été choisi dans un bureau. Il a fallu 14 ans de mobilisation, 56 organisations de soignants et de patientes, et des enquêtes dans de nombreuses langues qui ont recueilli 22 000 réponses partout dans le monde.
Le soutien est net : 86 % des personnes concernées et 71 % des professionnels interrogés voulaient un nom précis, qui décrive vraiment la condition.
Ce qui n'allait pas avec « ovaires polykystiques »
- Il n'y a pas de kystes. Ce qu'on voit à l'échographie, ce sont de petits follicules dont la maturation s'est arrêtée. Le mot faisait peur et induisait en erreur.
- Il réduisait tout aux ovaires. Or la condition touche aussi le métabolisme, la peau, le cœur et le moral. Cette vision étroite contribue à ce que jusqu'à 70 % des personnes concernées ne soient pas diagnostiquées.
- Il fragmentait les soins. Chaque spécialiste regardait « son » morceau, sans vue d'ensemble.
- Il stigmatisait. Centré sur la fertilité, il pesait lourd dans les contextes où avoir un enfant est très attendu.
Ce que dit chaque mot
- Polyendocrinien : plusieurs systèmes hormonaux sont en jeu en même temps (androgènes, hormones du cerveau qui pilotent l'ovaire, insuline). Une insulinorésistance est présente chez environ 85 % des personnes concernées.
- Métabolique : le risque de diabète, de cholestérol élevé, d'hypertension et de maladies cardiovasculaires fait partie de la condition, pas d'un « à-côté ».
- Ovarien : l'ovaire reste au cœur du tableau (cycles irréguliers, ovulation perturbée), mais il n'est plus le seul.
Et concrètement, pour toi ?
Une transition de trois ans est prévue : les deux noms vont cohabiter. Ton médecin dira peut-être encore « SOPK », et c'est normal. La guideline internationale passera entièrement au nouveau nom dans sa prochaine édition, en 2028.
Chez Marguerite, on écrit SMOP (ex-SOPK) : le nouveau nom pour être juste, l'ancien pour que tu t'y retrouves.
Sources et pour aller plus loin
- International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome (formerly PCOS) 2023, Monash University — mise à jour terminologique de mai 2026, note « Why the name needed to change ».
- Publication du nouveau nom : The Lancet, mai 2026.
- AskPMOS (Monash University, en anglais) : The case for revising the name for PCOS.
Cet article informe, il ne remplace pas une consultation. Marguerite oriente, elle ne pose pas de diagnostic.